Déminer Patrick Modiano !
J'aime beaucoup Patrick Modiano, le flou de ses canevas, son écriture qui vous promène ici et là pour vous révéler le mystère d'existences diverses qui ne sont - presque jamais - complètement dites...
J'ai lu de lui à peu près tout ce qu'il a publié.
Donc " Dans le café de la jeunesse perdue ", son dernier opus en " Blanche ".
Dans un café... on y boit, on y boit...
Du vin de Pressac ?
J'ai donc commencé des jours-ci la lecture de ce livre pendant que G. se reposait.
J'avance doucement jusqu'à la stupeur de ces lignes - Mon Cher André, toi et tes excellents collègues ès recherche vous pouvez vous sentir gravement concernés - ( pages 30 et 31 ) : " Je suis sorti de la voiture et j'ai attendu qu'elle disparaisse, là-bas vers Port Royal, pour rebrousser son chemin. En vérité, je n'habitais pas tout à fait le quartier du Val-de-Grâce, mais un peu plus bas, dans l'immeuble du 85, boulevard Saint Michel, où, par miracle, j'avais trouvé une chambre dés mon arrivée à Paris. De la fenêtre, je voyais la façade noire de mon école. Cette nuit-là, je ne pouvais pas détacher mon regard de cette façade monumentale et du grand escalier en pierre de l'entrée. Que penseraient-ils s'ils apprenaient que j'empruntais presque chaque jour cet escalier et que j'étais un élève de l'École supérieure des Mines ? Zacharias, la Houpa, Ali Cherif ou Don Carlos savaient-ils au juste ce qu'était l'École des mines ? Il fallait que je garde mon secret ou bien ils risqueraient de se méfier de moi. Que représentait pour Adamov, Larronde ou Maurice Raphaël l'Ecole des mines ? rien, sans doute.......
Et moi, je restais dans l'obscurité, debout, à contempler la façade noire. On aurait dit la gare désaffectée d'une ville de province. Sur les murs du bâtiment voisin, j'avais remarqué des traces de balles, comme si on y avait fusillé quelqu'un. Je me répétais à voix basse ces quatre mots qui me semblaient de plus en plus insolites : ÉCOLE SUPÉRIEURE DES MINES."
" Déminer Modiano ", ai-je titré cette page.
Qui pourra jamais me dire le sens caché de ces lignes, le choix de ce thème ?
Et si voulez en savoir plus sur une partie des travaux de recherche de cette excellente et fort réputée Maison : www.annales.org/gazette... Vous redemanderez.
Petite brève : ce soir, dernier " plein " de cette année, j'ai mis de volonté voulue 20,08 € de fuel dans ma toto.
Le mois que l'on puise dire est que l'école des mines, n'ayant guère été jusqu'ici un objet littéraire de quelque signifiance, attendait son sauveur. Eh bien il est venu, le oilà on sauveur. Grâce à ce blog Montaignesque-vinesque, favori des dieux, nous connaissons désormais son nom, et c'est Modiano. Mais pourquoi diable ce charmant auuteur que l'on pensait à mille lieux des souterrains séjours a-t-il extirpé de sa léthagie littéraire cette institution que le monde devrait se palire à nous envier? Voila qui tourmente mon esprit depuis trois jours, si ce n'est cinq. Après bien des heures de dur labeur, entrecoupées d'insomnies, je crois être en mesure d'apporter ici même la solution de cette énigme.
La littérature, c'est bien connu, est, à son meilleur niveau (celui de Modiano), un pur chant. Et qu'est-c qu'on fait quand on chante ? Tout quidam versé un tant soit peu dans cette art aimé des diex vous fera la même réponse : les consonnes. Oui, il faut chanter les consonnes. Ecoutez un peu Véronique Gens et vous verrez. OK me direz-vous, c'est bien beau mais nous ne sommes guère avancés. Si on est comme vous dites c'est parce qu'il y a une seconde considération à considérer et cette considéraion c'est que les auteurs ne parlent jamais que d'eux-mêmes. La clé de l'énigme est donc à chercher au coeur de l'intime de l'auteur Modiano. Et c'est quoi ça ? Plus intime à Modiano que le nom de Modiano, vous m dites que y'a pas. En fait si, y'a : les consonnes mêmes du nom de Modino; J'énumère M D N. Avec ça comme base de chant, on peut faire MonDaiN mai là
il a un problème Modiano, parce que Proust il a déjà tout fait dans ce domaine. Reste plus rien de rien à gratter. Il faut donc,
pincipe d'économie oblige, supprimer une lettre et c ne peut être que le D, pour des raisons évidentes. Il lui reste donc M et N, mais comme il est inconcevable d'avoir un mot français sans E et que monsieur Modiano, ce qu'il tient à faire c'est une littérture à onalité féminine, le E srera final, forcément final. Le voila donc avec M N et E. Pas besoin d'être prix Nobel d'économie pour construire avec avec ces trois éléments le seul mot qui s'impose vraiment : MINE. Et voila pourquoi le héros de Modiano sort de l'école des mines. Bon ce doit être de l'histoire fort ancienne parce que (i)- on entre désormais par la porte et pas par l'escalier, (ii)- la dite école a retrouvé ses couleurs de vraie blonde (iii)- c'est une incongruité qu'un moderne ne saurait s'autoriser que de comparer l'hôtel de Vendôme à une gare de province et (iv)- ce n'est pas un peloton d'exécution qui a laissé ses empreintes sur la façade, mais bel et bien les combats de la Libération de Paris. Vous le direz que les approximations de Mr Modiano relèvent de la licence poétique. Et bien c'est contre çà que je ne sui pas en train de faire de la poésie.
Rédigé par: Bibi Lolo de Saint Malo | le 03 janvier 2008 à 22:29