Les remorques de raisins se succèdent, absorbés par l'égrappoir aussi vite que celui-ci peut les absorber : les vendanges des raisins rouges ont commencé ce matin.
Finis les loisirs entre deux presses !
Et pourtant, il est nécessaire de faire retour à Pierre Michon !
Si vous avez bonne mémoire, vous vous souvenez du commentaire de bonheur que j'avais ici même déposé à vos pieds à l'occasion la lecture d' "Abbés" organisée à l'abbaye de la Sauve, notre mère et voisine.
Je crois même avoir suggéré : "Michon, reviens !"
C'est fait.
Albin Michel - www.albin-michel.fr- vient de publier : "Le roi vient quand il veut."
C'est tout à fait ça si j'en crois Michel Crépu en son "Journal Littéraire" du numéro de ce mois de septembre de la Revue des Deux Mondes - www.revuedesdeuxmondes.com - : " Le même Michon publie chez Albin Michel un recueil d'entretiens forts suggestifs et, à vrai dire, c'est lui que je retiens tout d'abord pour cette rentrée. Michon, c'est le rescapé du naufrage des grands récits ayant réussi à gagner une île au large des côtes dévastées et à s'y construire une espèce d'échoppe où il taille et sculpte de petites gravures. Un médiéval, non par nostalgie des bâtisseurs, mais parce que le Moyen Âge permet l'usage de catégories théologiques dont Michon se sert comme un menuisier son rabot, ses marteaux, ses poinçons, etc. Quand Michon prononce le mot "Dieu", c'est comme s'il choisissait un pourpre d'enlumineur : il ne croit pas, il toucher, il fouille à la manière du Thomas des Evangiles, l'homme du doute. Douter, ce n'est pas rêvasser, c'est fouiller. Ses "Vies Minuscules" sont devenues une sorte de livre culte. Culte à qui ? Culte à quoi ? Après le naufrage ( ou plutôt en plein naufrage) Michon érigeait des bouts de destinées. On disait : "l'homme, c'est fini" et lui arrivait avec son tablier de cuir, ses figurines. Il n'a fait qu'à peine école. Delerm, à côté de lui, c'est une salade bio. C'est que Michon n'a pas voulu faire l'humble (comme Bobin), il a voulu au contraire être dantesque dans un espace réduit..... Michon, lui, aurait aimé être un Faulkner Français."
Pourpre d'enlumineur : nous sommes de nouveau à Corbie et à Luxeuil !
J'aime bien aussi cette allusion à Dante : Pressac a l'âge de sa "Divine Comédie".
Pour en revenir à "Abbés", je vous avoue mon bonheur (bis) d'avoir trouvé sur la table "Histoire" d'un de mes libraires favoris "Abbayes et Monastères aux racines de l'Europe" - www.editionsducerf.fr - co-signé par le Cardinal Paul Poupard et Bernard Ardura qui reprend les communications d'un colloque international tenu en l'abbaye de Conques en 2004, organisé par le Conseil Pontifical de la culture.
Trois d'entre elles m'intéressent plus particulièrement car elles correspondent à mes recherches pour mieux comprendre Pressac : celle de Renato Stopani : "Abbayes, monastères et routes de pélerinage" ; celle de Jean-Louis Lemaître : "Les réseaux bénédictins, première structure d'organisation et de relation en Europe" et celle d'Hubert Colin qui nous renvoie à "Abbés" : "Les religieux des abbayes, premiers ingénieurs de l'aménagement rural".
J'y reviendrai dés ma lecture achevée.
Michel Crépu rapproche Pierre Michon de Faulkner...
Voilà qui permet de créer un lien avec le livre de Pietra Rivoli : "Les aventures d'un tee-shirt dans l'économie mondialisée" - www.fayard.com -
Si j'en crois le contenu de 100 premières pages que j'ai lues à cet instant, en particulier le reportage dans la ferme texane de Nelson et Ruth Reinsch, les viticulteurs - en général et chacun en particulier - auraient beaucoup à gagner en s'inspirant - toutes choses égales par ailleurs, comme se permet de dire le ...mauvais ...économiste que je suis - de ce qui se fait aux alentours de Lubbock....
J'y reviendrai....mais à propos : avez-vous observé que sur le site de notre Ministère de l'Agriculture - www.agriculture.gouv.fr - il n'y a ni thématique "Viticulture", ni lien proposé avec le site de l'Inao - www.inao.gouv.fr- ?
Combien la viticulture représente-elle dans le commerce extérieur français ?