Bonne nouvelle que cette inscription de Bordeaux au "Patrimoine Mondial" de l'Unesco.
Mais !
Vieux bordelais qui pendant des années a arpenté la ville centre du Quai des Chartrons d'où j'ai pu - comme mes arrières-grands-parents, une de mes grand-mère, mes parents et plusieurs des neveux qui font aujourd'hui mon bonheur, admirer la courbe du fleuve, puis gagner la Place de la Bourse - à laquelle ma famille est étroitement liée - en longeant ou en traversant mille et une fois la place des Quinconces avant de gagner la Cathédrale ou, feu, les facutés de droit ou de lettres , et enfin gagner le quartier rénové de Mériadeck, appelé à siéger dans une des aula délibérative de la cité, tout ceci bien considéré, je dis : mais !
Mais ! Car Bordeaux - la cité dont j'ai le goût - a comme une tendance aussi naturelle que spontanée à quelque passéisme .
"Que tout bouge pour que rien ne bouge " dit le Comte Salina dans cette merveille qu'est "Le Guépard".
Puisse donc ce classement - c'est ma prière - ne point enfermer ma douce ville natale, en particulier dans une forme d'écologisme muséal et tramwayesque !
Méfions-nous de tous les extrémismes : une ville est autant faite pour ceux qui y demeurent que pour ceux qui, demeurant hors de ses murs, ont besoin de ses produits et de ses services. Cette dernière obligation me semble avoir été quelque peu oubliée.
Bref, pour l'heure - le mot est approprié - le bouchon a été poussé un peu loin.
Ville ouvre-toi !
De retour de Paris, je me dois de vous délivrer sans détour une nouvelle des plus émouvante.
Eh ! Oui ! Pressac est au Louvre !
Oh ! Pas encore sur les cimaises de notre musée national.
Juste sur la table "dessins" de la librairie de ce musée, aux côtés de mirifiques livres enluminés, édités en particulier par The British Library.
Il s'agit bien sûr du volume 13 des œuvres de Léo Drouyn dont un dessin de 1862 de notre "Château de Pressac" sert de couverture.
A quand une exposition des œuvres de Léo Drouyn au Musée du Louvre ou à celui d'Orsay qui lui conviendrait mieux ?
Demain ...ou un autre jour très prochain, retour à Berdatschev où eut lieu - vous en souvenez-vous ? - le mariage de Balzac dont parle Tchekhov dans "Les Trois Sœurs".
Quel bonheur que de pouvoir lire à trois cent à l'heure en T.G.V. !
Mais auparavant, je voudrais vous conter d'autres merveilles.
Le long de l'avenue qui conduit à Pressac, en contrebas des remparts : des fougères.
"Geheimnis Der Farne" : " Le secret des fougères" :
Si, en ce 21 juin, premier jour de l'été 2007, fête de plus en plus universelle de la musique, vous cueillez des graines de fougères, vous devenez aussitôt et invincible et invisible....
C'est du moins ce que vous croyez si vous êtes originaires d'Allemagne, du Danemark ou de Suéde et, plus généralement de l'Europe du Nord.
Douce mythologie qui ferait bien de gagner notre Sud !
Dans son exposition du Gand Palais, Anselm Kiefer a mis en tableaux, en sa seconde maison, le poème de Paul Celan qui porte ce titre.
Je vous en offre quelques vers - en français et en allemand, en ce 1er jour de sommet européen - tant sa musique est belle :
"Sous la voûte des épèes le coeur vert-feuilles des ombres s'examine
les lames sont luisantes : qui, dans la mort ne traînerait devant des miroirs ?
Auch wird hier in Krügen kredentz die lebendige Schwermut :
blumig finstert sie hoch, eh sie trinken, als wär sie nitch Wasser,
comme si elle était ici belle pâquerette qu'on effeuille et questionne sur un amour plus obscur
sur des coussins plus noirs pour la couche, ou des cheveux plus lourds......."
La sixième de ses maisons est intitulée : "Dimanche des Rameaux".
Au sol, un palmier venant du Maroc ; sur un des murs, des palmes passées au plâtre...
Anselm Kiefer déclare qu'il passe soixante pour cent de son temps à lire...et une partie du reste à peindre...
Ses tableaux naissent de ses lectures, en particulier de poètes, de la Bible...
J'aime cette lenteur, ce temps donné au temps.
De même, il expose ses toiles surchargées de matière aux intempéries...et puis il les reprend : dix ans pour une oeuvre...comme pour un bon vin !
Pour aller de l'ermitage de Saint Emilion à l'abbaye de la Sauve, un fleuve à franchir : la Dordogne... très longtemps par gué.
A l'Epoque Gupta qui commença au IVème siècle, soit au temps de la villa gallo-romaine de Pressac-avant-Pressac, les tinthankara - ou passeurs de gué - étaient considérés comme incarnant le degrès le plus élévé de la condition humaine en tant qu' "Êtres éveillés".
A la même époque, la représentation d'un couple d'amoureux était insérée très souvent dans le décor architectural d'un bâtiment, en particulier religieux : s'il était à la fois évocateur de prospérité, de plaisir sexuel et de félicité, il passait aussi pour assurer la solidité et la longévité de la construction.
Ma quête commence ici et maintenant dans les tréfonds de notre demeure.
Il est temps pour vous d'aller écouter de la musique !
Et c'est ainsi que les vins de Pressac sont excellents !
A propos de "L'Arc Triomphe" du 15 juin :
Je me dois de réparer un très facheux oubli : un très honorable membre de notre famille - qui, par ailleurs, assume, lourde tâche, la charge de mettre ce blog en ligne - a durant son service militaire ( Oui, monsieur ! la chose a existé. ) assumé la garde - de jour comme de nuit - de ce monument national. Il sait donc tout de "La Marseillaise" de Rude, de "L'allégorie de l'Infanterie " de Bra... de même qu'il pourrait vous réciter par coeur les noms des héros napoléoniens qui sont inscrits sur les quatres colonnes intérieures.
A propos de "Pressac bombardé" du 7 juin :
Un très honorable correspondant écrit ( d'une manière à faire rougir une baleine, y compris les fautes d'ortographe ) :
" Alors là c'est un peu plaisant. Parce que qui, il y a une petite dizaine de jours, naviguant à son accoutumé entre Lorient et Le Pouldu, et ayant fait sa nuit dans l'anse de Gorjen (sublime!), s'est dit comme ça, parlant à lui même dans la brise parfumée d'un frais petit matin : tiens j'ai du gas oil de reste, je vais aller jeter un coup d'oeil à ce château de Bélon qu'est tout près marqué sur la carte et peut être même pousserai-je jusqu'à l'anse de Saint Léger où nous fûmes en rade l'été dernier par la faute de quelqu'une dont je préfère taire le nom (on a gueulé vachement au téléphone si vous voulez savoir !). Alors qui ? Je ne vous le donne pas en mille ni même en cent. Bibi Lolo et sa moitié en personnes. Morale : c'est comme dans l'histoire de Tobie et de Sara. Dieu doit aimer les ondes parallèles qui finissent par se rejoindre à l'infini. Pour ne pas trahir la pure commercialitude de ce blogue, j'ajouterai que OUI MONSIEUR CHATEAU de PRESSAC (j'ose le dire!), nous ne manquerons sûrement pas, d'ici quelques décades, de nous pourvoir de quelques douzaines de ces mollusques bivalves lamellibranches de la rivière de Bélon pour lesquelles la seule littérature qui vaille en ce monde (instructions nautiques (ISBN2-11-088171-2), page 125, en vente dans les bonnes librairies), a su trouver de ces mots qui vous sèchent sur place . Nous ne manquerons pas, à cette occasion, de passer le bonjour au proprio de votre part."
Non, il ne s'agit pas d'une plaque de beurre ou d'un paquet de biscuits !
Juste d'un petit livre d'un format 16 x 10, d'un prix, hors très éventuelle remise libraire, de 5 €, souvent difficile à trouver...en dessous de table ou dans un rayonnage quelque peu excentré.
Il n'est composé que de textes brefs - mais souvent d'auteurs prestigieux - commentés par celui qui les a assemblés, dans le cas présent : Jean-Noël Mouret.
Vous salivez ?
Vous avez raison.
Cette fois, en effet, vous êtes dans "Le goût de Bordeaux", publié comme 72 autres livres - plus mes oublis ou mes inconnus - dans la collection "Le petit mercure" chez, ...mais c'est bien sûr, "Mercure de France.
Comme dans cette merveilleuse série qui ouvre sur les villes essentielles du monde entier - il en manque encore quelques-unes, en Amérique du Nord ou Latine en particulier : Chicago, Lima, Bogota, Mexico... - sinon quelques pays lorsque les villes ne sont pas suffisantes, il a aussi été publié des goûts du café, du thé, du chocolat, des chats, du football et.... des déserts, pourquoi ne pas y inscrire un "Goût du Bordeaux" qui viendrait heureusement compléter les présents cent grammes de bonheur.
Laissez-vous promener par Jacques Réda, Patrick Modiano, Gustave Flaubert, Henry James, Arthur Schopenhauer et, aux côtés de beaucoup d'autres, ... mais c'est bien sûr (bis), François Mauriac...
Je retourne dans les douves : mon œuvre de fauchage est loin d'être achevée !
Ce soir, "Marché de nuit" en notre commune de Daignac et "Concert de Musique Sacrée" en l'Abbaye de la Sauve (demain soir, de même).
Demain "Première Communion" paroissiale.
Forcément, vous le connaissez ! Il vous est même arrivé de remonter les Champs Elysées pour aller le contempler de près.
L'avez-vous vraiment examiné ?
J'écrivais quelques lignes dans mon blog précédent autour de Théophile Bra qui fut successivement l'heureux époux de Pensée, puis de Christo et le père de Palmyre, puis de Théophile et d'Ulrick.
Ainsi allait le dix-neuvième siècle.
Mais revenons à l'Arc de Triomphe : cherchez bien côté Nord : vous y trouverez son "Allégorie de l'Infanterie".
Cherchez encore : vous y trouverez des œuvres de James Pradier dont il fut question ici, voici quelques mois, à occasion de l'exposition de quelques-une de ses dessins en un lieu minuscule, mais splendide, le Cabinet Jean Bonna à l'Ecole des Beaux-Arts.
Savez-vous où vous pouvez ces jours-ci admirer deux œuvres sculptées du même James Pradier ?
A l'exposition Praxitèle, en notre Palais du Louvre, où sont présentées deux "Phryné", l'une en marbre de 1845, l'autre en bronze réalisée "avant 1852".
Si vous aimez l'Egypte, je vous recommande l'exposition dans ce même Louvre d'un "manuscrit médical", un des très rares existant au monde.
L'Egypte, L'Arc de Triomphe...ces lignes en mémoire de Toussaint d'Armagnac, général d'Empire et Soudan de Pressac.
Pour en finir - très momentanément - à propos de Théophile Bra : vous pouvez voir d'autre œuvres de lui ...au Louvre et à La Madeleine.
Dernier détail qui plaît beaucoup à ma chère G. : son père dirigea un moment la faïencerie de Creil.
Autre détail : mon ordinateur de travail vient de faire "pschitt ! " ... et ce n'est point "abracadradantesque".
C'est l'enfer !
Commençons par le commencement : connaissez-vous Théophile Bra ?
Selon les commissaires de l'exposition visible pendant encore quelques jours au "Musée de la vie romantique" dans le quartier de la Nouvelle Athènes, il s'agirait d"un "illuminé romantique".
Dans la réalité, il fut tant sculpteur que dessinateur.
Je reviendrai sur son œuvre sculptée dans quelques moments : un peu de patience, diantre !
Cet artiste naquit donc à Douai le 23 juin 1797.
Cette date juste pour vous permettre de calculer son âge lorsqu'il devint l'ami de Balzac dans les années 1833-1839.
Il avait plus ou moins 40 ans ; Balzac, en ce moment, à peu près le même âge : il est né le 20 mai 1799.
A partir de maintenant l'histoire devient familiale : 20 ans environ avant sa rencontre avec Théophile Bra, époque durant laquelle il publia entre autres Eugénie Grandet, l'Illustre Gaudissart, La Duchesse de Langeais, Le Père Goriot, Le Contrat de mariage, Le Lys dans la vallée..., Balzac n'était qu'un médiocre gratte papier chez un avoué de la rue Coquillère.
Qui avait-il comme voisin d'écritoire - je songe à l'ineffable Bartelby : "je préférerai pas !" - : mon arrière-arrière-arrière...etc... grand-père !
Soyez sans inquiétude : l'un et l'autre ne restèrent pas très longtemps chez Maître Guyonnet-Merville.
Leur amitié fut durable puisque, au lendemain de la mort de l'illustre écrivain, mon ancêtre reçut des mains de la mère de Balzac une statue représentant celui-ci en robe de chambre, une des rares de ce genre... Rappelez-vous ! Balzac écrivait des nuits entières ainsi vêtu.
Cette statue, je l'ai quotidiennement vue dans mes premières années... avant, un jour de constater sa disparition : ma grand-mère paternelle l'avait donnée à "La Maison de Balzac", sise rue Raynouard. Vous pouvez l'y contempler.
Voilà pour Balzac qui, je vous le confirme, s'est bien marié à Berditchev avec Eve Hanska peu de mois avant sa mort, à l'âge de 51 ans.
A chacun de mes passages à Paris, je m'en vais saluer Balzac - par Rodin - boulevard Raspail, de même que Montaigne rue des Ecoles et Mauriac également boulevard Raspail, juste après le Lutétia.
Demain, retour à Théophile Bra... quelques morceaux de son œuvre concernent un homme de Pressac.
A demi viticulteur - je suis plutôt du côté des contraintes bureaucratiques - je dispose d'un peu de temps pour parcourir l'édition électronique du "quotidien du soir de référence" que vous saurez nommer mieux que je n'en suis capable.
Ma "promenade" de ce samedi avérait tranquille : un peu d'élections législatives ( je confirmerai aux deux tours mon vote des présidentielles ), une glorification bien sentie du TGV ( j'en descends !), quelques révélations à propos de l'assassinat du juge Borrel ( il ya longtemps que le chose est certaine )....
J'arrive à la dernière page...je passe sur la convocation d'une assemblée extraordinaire de la Société des rédacteurs en vue du choix du remplaçant de Jean-Marie Colombani... N'a-t-on pas un peu trop oublié les lecteurs dans cette affaire ?
Viens la chronique "Economie" hebdomadaire d'Eric Le Boucher intitulée cette fois-ci : "Fin de la croissance gratuite."
Mon portefeuille déjà frétille.
Pas encore démoralisé, ,j'en attaque comme chaque semaine la lecture : l'information y est sûre et rigoureuse.
Les quatre premiers paragraphes...rien à redire..... pas d'émotion particulière, sinon un fond inquiétude, confirmée par la suite.
Au cinquième, rien ne va plus ; je lis, à propos des chinois et des chinoises : "Si vous voulez gagner de l'argent, spéculez sur ce qu'ils vont acheter demain :du bœuf et des roudoudous."
Excellent peuple chinois, pour l'heure notre excellent Roudoudou poursuit agréablement ses activités dans les pourtours de Pressac ; il croque le mulot à l'heure qui lui convient, nous arrache quelques granulés de bonne nourriture à l'aide de quelques miaulements perçants, nous donne le bonheur de le caresser dés lors qu'il le désire..
Nous connaissons la valeur de notre Roudoudou : elle est infinie...
Et pourtant, Roudoudou n'est point à vendre et ne le sera pas !