Quoique lundi de Pentecôte, le lever est à l'heure normale : émotion en entendant à la radio que parmi les 40% de français qui travaillent aujourd'hui - solidarité oblige - figurent en bonne place les agriculteurs aux côtés des commerçants et des indépendants ; je songe à ces centaines de milliers de "bord de Seine", il en coule dans tous les coins de France et de Navarre, inventeurs réels de la semaine de 35 heures, qui se sont donnés le droit de la grasse matinée : ils sont en fait nos "vrais pauvres" : faites ce que je dis ; moi, pas !
Les voilà maltraités ! Ils le méritent...parfois, notamment ce jour.
Sur le chemin du Monastère du Broussey - http://www.carmel.asso.fr - pour y célébrer un triste anniversaire familial - une disparition il ya soixante et un ans qui a généré son poids de souffrance en même temps une solidarité qui se poursuit encore aujourd'hui - je constate que comme à Pressac - l'un au chai, l'autre dans les vignes - les viticulteurs, indépendants ou salariés, sont nombreux à œuvrer : les uns lèvent "à pied", les autres bénéficient du secours d'une machine : encore un coup du soleil et de la pluie de ces derniers jours... le temps n'est ni au vague à l'âme, ni au farniente... c'est notre façon de "faire naître la terre... et le vin" !
Interlude fastueux, la lecture par Pierre Molina, comédien, dans le péristyle XVIIème de l'Abbaye de la Sauve - http://www.monuments-nationaux.fr -, l'abbaye "mère" de Pressac, du texte de Pierre Michon : "Abbés" - Verdier, éditeur.
Il m'avait été donné de pouvoir entendre à l'Odéon-Berthier "Vies Minuscules" du même Michon, auteur trop peu prolixe à mon gré.
Beauté de la langue, beauté des images... Nous n'étions que sept ou huit : "Bénis, ô mon âme..."
Le Broussey est le monastère carme frère de celui d'Avon, près de Fontainebleau : "Au Revoir les enfants" de Louis Malle, connaissez-vous ?
Pendant ce temps-là, le premier traitait la vigne ; le second passait les disques ; la troisième et le quatrième étiquetaient, capsulaient et mettaient en caisse un nombre conséquent de bouteilles de Pressac qui partiront demain pour les environs de Chartres.
Et pendant ce temps-là, Laetitia naissait vers 14 heures ce mardi 22 mai 2007 , notre quatorzième "petit neveu", en fait notre neuvième "petite nièce".
Laetitia, bienvenue !
Midi samedi , l'avenue qui conduit à Pressac - c'est notre expression - résonne d''un bruit inhabituel en ces temps motorisés, celui de cinquante deux sabots qui frappent le sol à cadence ralentie, le temps de laisser chevaux et cavaliers contempler ce site nouveau pour eux.
Ils sont donc treize...leur randonnée en Entre-deux-Mers dure depuis trois jours : de Saint Aubin de Branne, en surplomb de la Dordogne, commune d'accueil du centre hippique organisateur, à Capian le premier jour ; de Capian au Haut-Langoiran, en surplomb de la Garonne, le second Jour ; de Capian à Saint Aubin de Branne, via Pressac le troisième et dernier jour.... Vingt deux kilomètres environ d'un point à un autre, du moins sur la carte...pour les hommes et les chevaux, environ trente kilomètres : notre pays n'est point plat, loin de là ! ... mais d'un discussion avec l'organisatrice, il ressort que le plus bel ami de l'homme supporte sans difficulté ces faibles changements d'altitude.
Que n'en étiez vous Jean Rochefort, Jérôme Garcin et Bartabas ?
Le parcours, bien évidemment, n'empruntait que des chemins de vigne.
A Pressac, comme à chaque étape précédente, le vin fut abondamment fêté...abondamment, dis-je !
Seize heure trente dimanche après-midi, l'assemblée générale annuelle des Amis du Château de Benauge - voir un blog précédent - fut déclarée ouverte . G. en est administrateur ; j'en suis membre, solidarité de poussette bien évidemment. Cette assemblée avait un caractère quelque peu spécial cette année : elle se tenait en conclusion d'un travail considérable de remise en état de la couverture de la partie médiévale de ce monument essentiel de l'histoire du Bordelais, saccagée, faut-il le dire, à la Révolution : le pays de Benauge est un "pays" soi seul, donc une appellation viticole, dominé par ce Château-Forteresse dont il tire son nom.
Je dis mon admiration devant cette résurrection et à tous ceux qui y ont contribué, propriétaires, animateurs et membres de l'association, entreprises...et même Conseil Général de la Gironde qui la subventionne - avec grande mesure, faut-il l'avouer - , permettant à celle-ci de financer, en sus de ses fonds propres, une partie des travaux.
Comme la dite association s'est choisie un président à la fois plein d'humour, de finesse et de délicatesse, celui-ci interrompit au moment ad-hoc le rapport satisfait du secrétaire général pour remettre aux maçons bénévoles, à l'un une "truelle d'or", à l'autre une "truelle d'argent", au couleur de béton "une toupie d'honneur"...et aux responsables des lieux, pour célébrer cette couverture toute neuve après plus de deux siècles de patience et vingt ans d'acharnement, un "lit à baldaquin", fleurdelisé comme il se doit !
Aucun de ces "souvenirs" n'a une dimension supérieure à 4 x 4.... car il reste beaucoup à faire ! Mais le cœur devait parler.
C'est bien ainsi que nous vivons.
Merci donc Gallimard d'avoir publié en Pléiade les Oeuvres Complètes - dont les Essais - de Michel de Montaigne ainsi qu'un album consacré à ce dernier.
Je comptais profiter de ce blog pour faire la recension des lignes consacrées dans cet album, sous la plume de Jean Lacouture, à Françoise de La Chassaigne - Mademoiselle de Montaigne, dans l'aception de cette époque - que je trouve, en partie du moins, parfois des plus discutables.
Ce sera pour un jour très prochain.
Me référant à l'invitation constante, valable en tous temps et en tous lieux, aujourd'hui comme hier, de Montaigne, je précise :
que ne lisant pas Le Figaro ( groupe Dassault ), je ne le lirai pas plus pendant les cinq ans qui viennent,
que ne lisant le Journal du Dimanche, La Provence et Nice Matin ( groupe Lagardère ), je ne les lirai pas pendant les cinq ans qui viennent,
qu'abonné au Point ( groupe Pinault ), je vais m'en désabonner dans la semaine qui vient.
J'en demeurerai tout aussi bien informé.
Nuages... le ciel de Pressac en est rempli ce vendredi matin, au point que G. et Fernando s'interrogent pour savoir s'il est possible ou non de lancer le second traitement de cette année viticole.
D'autant que sont annoncés pour demain samedi quelques orages sur l'Aquitaine.
Recevrons-nous la visite de la cohorte cavalière annoncée ?
"Maintenant, vous pouvez nuager " ?
Reconstituons la phrase : "Sur l'écran d'un bleu irréel, devenu vide, maintenant nous pouvons nuager."
C'est la dernière phrase de "Ballaciner", le dernier livre, publié voici moins de huit jours et que je viens de lire presque d'une seule traite, de Jean Marie Gustave Le Clézio.
Ballaciner comme nuager sont des mots créés par cet auteur essentiel.
Je m'octroie de longue date quelques coquetteries, si le mot est exact ; parmi elles, celle d'acheter le plus tôt possible après sa publication chacun des livres de JMG Le Clézio.
Pour "Ballaciner", ce fut le jour même...et une lecture aussitôt entreprise dans le métro, puis dans le TGV et enfin à Pressac...et alors quel plaisir !
Avant d'aller plus loin, un hommage à celui qui m'a initié vers ma quinzième année au cinéma et qui nous a quitté voici quelques mois : Jacques Chaillat, par ailleurs grand professeur, par son intelligence et son ouverture d'esprit, de littérature, d'histoire et de géographie.
Un jour, en fin de classe, il nous remit une invitation à la première séance du ciné-club, nouvellement fondé, de Grand-Lebrun, notre collège ; sur ce document était mentionné : "Vous ne l'emporterez pas avec vous " (Dont take it !). Nul des collégiens ne comprit de quoi il s'agissez. Quelle surprise le lendemain quand apparut sur l'écran le nom de Frank Capra, puis celui de son œuvre ! Ainsi commence une initiation. Je ne détiens cette banque qu'en vidéo. Je la chéris très particulièrement.
Quel plaisir donc de reparcourir en excellente compagnie beaucoup des films qui sont mes références et que je me suis efforcé de voir et maintenant de revoir dans les salles obscures de mes divers lieux de résidence : l'Intendance, le Marivaux, le Trianon, le Français, le Gaumont, l'Ariel et bien d'autres à Bordeaux maintenant disparues, les quatre Actions, dont l'Action La Fayette maintenant replacé par une supérette, la Cinémathèque d'Alger.....et quelques autres salles océaniennes ou africaines, parfois très folkloriques.
Deux regrets, sinon deux divergences : Le Clézio ne rend visite ni à œuvre de John Ford et, par extension à celle d'autres réalisateurs de westerns de série A comme de série B, ni celle de Jerry Lewis que je tiens pour , chacun à sa manière, des maîtres incontestables.
Mais un bonheur, celui de voir compter pour essentielles les productions de réalisateurs asiatiques, de Kiarostami à Ozu.
De ce dernier, je reparlerai demain...un jour probable d'orage, mais de bonheur dans mon cœur.